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Composer avec les conséquences des changements climatiques

En tant que ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, j’entends fréquemment de nombreux gouvernements provinciaux, maires et municipalités, le secteur de l’assurance, la communauté scientifique et d’autres personnes sur les coûts et les conséquences des événements météorologiques graves provoqués par un climat changeant. J’entends également parler des avantages puissants d’initiatives proactives pour prévenir ou atténuer ces conséquences.

La semaine dernière, j’ai eu la chance de voir les deux extrémités de cette équation.

Les coûts et les conséquences des changements climatiques sont mis en évidence en Colombie-Britannique par les feux de forêt vicieux qui brûlent l’intérieur, déclenchés par une longue période de temps chaud, sec et venteux, et aggravés par la dévastation du coléoptère du pin ponderosa. Des dizaines de milliers d’hectares ont été brûlés. Des dizaines de collectivités ont été menacées, provoquant la plus grande évacuation de l’histoire de la Colombie-Britannique.

Le gouvernement fédéral a uni ses forces avec la province et beaucoup d’autres pour fournir toute l’assistance possible pour lutter contre le brasier, garder les gens en sécurité, rendre les évacuations aussi tolérables que possible et commencer le long processus de récupération.

Sur le plan positif, le week-end dernier, j’ai assisté à des célébrations le long de la rivière Saskatchewan Sud marquant le 50e anniversaire du barrage Gardiner. Inspiré par la catastrophe environnementale des années trente et construit par l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP) entre 1957 et 1967, le barrage fait partie des plus grandes structures terrestres du monde.

C’est un exemple vital d’une infrastructure «verte» visionnaire qui contrôle les inondations tout en générant de l’énergie hydroélectrique propre, permettant l’irrigation et l’agriculture à valeur ajoutée, fournissant de l’eau potable à 60% de la population de la Saskatchewan et produisant de multiples sites pour les loisirs et le développement économique basé sur l’eau.

Le changement climatique est un problème global, en grande partie attribuable aux émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme, qui forment des polluants comme le carbone dans l’atmosphère. L’un des impacts les plus évidents est la fréquence des phénomènes météorologiques plus graves et plus dommageables, en particulier les cycles extrêmes d’inondations, de sécheresses et d’incendies.

Nous avons eu des inondations importantes et coûteuses en Saskatchewan dans deux des cinq dernières années. Des champs de pétrole ont été fermés. Des terres agricoles ont été inondées. Des récoltes et du bétail ont été perdus. Des collectivités ont été endommagées et isolées. Des infrastructures municipales et provinciales ont été éliminées. Le Manitoba et l’Alberta ont subi des inondations similaires ces dernières années. L’automne dernier, c’était au Cap Breton. Ce printemps – le Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et Labrador, et ironiquement (il y a quelques mois), la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique. Les pertes ont dépassé les milliards.

Entre les années pluvieuses, nous avons eu des sécheresses et des feux de forêt. Le Colombie-Britannique cet été. Fort McMurray l’an dernier. Le Nord de la Saskatchewan il y a deux ans. Et ça continue. Et encore, les dommages s’élèvent aux milliards.

Il est donc logique que nous travaillions aussi fort que possible sur un cadre pancanadien complet, mais très flexible, de politiques pour lutter contre les changements climatiques tout en construisant une économie forte.

Du point de vue de la sécurité publique, ce cadre comprend de nouveaux investissements importants dans l’infrastructure publique conçus à la fois pour atténuer les conséquences d’un climat changeant et pour s’adapter aux choses que nous ne pourrons pas prévenir. Plus de 30 milliards de dollars seront versés aux provinces pour ce vaste objectif au cours des 11 prochaines années.

Dans une province comme la Saskatchewan, une priorité absolue devrait préconiser la reproduction du potentiel du barrage Gardiner. Pensez à de grands systèmes de contrôle de l’eau innovants pour faire face à ces tempêtes d’été soudaines et violentes qui déposent dans quelques jours une année de pluie et causent beaucoup de dégâts. Et puis, quand l’eau est partie, c’est la sécheresse.

En faisant appel à la science, à l’ingénierie, à la planification et aux investissements de manière astucieuse, nous pourrions concevoir en amont un réseau d’ouvrages bien conçus, grands et petits, de rétention de l’eau comprenant des canaux, des réservoirs, des zones humides et des surfaces boisées pour gérer l’eau d’une manière plus pertinente et efficace en contrant les cycles infernaux d’inondations et de sécheresses incontrôlées.

Il serait peut-être judicieux de commencer par les lacs Quill, où une catastrophe naturelle potentielle liée à l’eau est en train de se dérouler sous nos yeux. Il y aussi un grand potentiel, et de grands besoins, dans les bassins de l’Assiniboine, de la Qu’Appelle et de la Souris, et ailleurs.

En ayant la bonne vision et la détermination adéquate, nous pourrions mieux protéger les moyens de subsistance et les infrastructures publiques et privées en aval tout en créant en amont, grâce à l’eau, des possibilités de diversification accrue, de développement économique à valeur ajoutée et de divertissement.