Ralph Goodale

Votre député de


Regina-Wascana

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Remarques au Commission internationale de l’irrigation et du drainage

Notes pour les remarques de
HON. RALPH GOODALE, CP, député (REGINA-WASCANA)
Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile du Canada

au

COMMISSION INTERNATIONALE DE L’IRRIGATION ET DU DRAINAGE

Saskatoon, Saskatchewan
Le 13 août 2018

Bonjour à tous.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi d’abord de remercier l’Aîné Joe Quewezance de sa prière pour que nous puissions commencer.

Au moment où nous nous réunissons aujourd’hui dans la patrie des Métis, sur le territoire des peuples autochtones visés par le Traité no 6, j’ai le grand plaisir de vous transmettre les salutations et les bons vœux du premier ministre Trudeau et du gouvernement du Canada.

Je souhaite la bienvenue au Canada à tous ceux d’entre vous qui sont venus de l’étranger. Soyez les bienvenus dans ma province, la Saskatchewan, et dans cette belle ville de Saskatoon.

Nous remercions la Commission internationale des irrigations et du drainage d’avoir favorisé le retour au Canada, et plus particulièrement à Saskatoon, des réunions de cette importante organisation mondiale sur les discussions cruciales entourant les enjeux comme les changements climatiques, les répercussions sur la qualité de l’eau et sur l’agriculture, et ce que nous devons tous faire à ce sujet.

Le Canada gère 20 % du potentiel mondial en eau douce, et la Saskatchewan possède 42 % de toutes les terres agricoles arables du Canada. Nous avons compris.

En raison de l’importance de l’agriculture pour la Saskatchewan et le Canada et de l’importance de l’eau pour l’agriculture, de nombreux partenaires intéressés se sont réunis pour parrainer cet événement. Ensemble, nous devons disposer des meilleures connaissances sur la qualité de l’eau et nous devons nous motiver, nous et les autres, à assurer dans toute la mesure possible la salubrité et la sécurité de cette précieuse ressource, ainsi que son utilisation à bon escient.

À cette fin, le gouvernement du Canada verse à cette conférence une contribution de 15 000 $, par l’entremise de mon collègue du Cabinet fédéral, Navdeep Bains, ministre responsable de la Diversification de l’économie de l’Ouest canadien.

En Saskatchewan, nous sommes fiers de notre province et de toutes nos particularités :

De toutes les provinces canadiennes, la Saskatchewan est la plus facile à dessiner, mais la plus difficile à épeler.

La géographie de la Saskatchewan est plate, mais un peu complexe. Notre ville de Southend se trouve dans le Nord. North Portal est situé dans le Sud. Eastend est situé dans l’Ouest. Et Westbend se trouve dans l’Est.

Chaque année, c’est pratiquement seule au Canada que la Saskatchewan mène une lutte acharnée contre le fléau de l’heure avancée.

Mais nous produisons la potasse et l’uranium les plus riches du monde.

Et nous sommes inventifs. La Saskatchewan a inventé les biscuits des Guides. Nous avons aussi inventé le guichet automatique, la bombe au cobalt pour le traitement du cancer, la technologie d’ensemencement aérien, la culture « Cendrillon » de canola et le concept d’assurance-maladie publique universelle. Et plus encore.

Nos vies et notre caractère ont été façonnés par le vaste paysage des Prairies qui nous entoure. Cela signifie des horizons infinis et des objectifs ambitieux, mais aussi des risques importants.

Nos parents et nos grands-parents ont appris tout cela dans les années 1930 – la Crise des années 1930 – une décennie de sécheresse et de dépression lorsque la catastrophe environnementale a causé de lourdes pertes dans les Prairies. Ces générations ont appris (et se sont toujours souvenues) qu’aucun produit – ni le pétrole, ni la potasse, ni l’uranium, ni les céréales – n’est aussi précieux que l’eau fraîche et propre.

Les années 1930 ont vu émerger deux très bons éléments.

Le premier était un organisme du gouvernement fédéral des Prairies, l’ARAP, l’Administration du rétablissement agricole des Prairies, qui a prospéré pendant 75 ans en tant que centre mondial de connaissances, d’expertise, d’innovation et de mesures pratiques en conservation et développement des sols et de l’eau.

Lorsque la Ville de Winnipeg n’a eu que quelques jours pour empêcher les rivières Rouge et Assiniboine d’inonder sa collectivité, elle s’est tournée vers l’ARAP.

Lorsqu’il a dû gérer la pire inondation en 300 ans le long du Mississippi, l’US Army Corps of Engineers a aussi appelé l’ARAP.

Lorsqu’elle a eu besoin d’un programme de développement de l’eau en Afrique du Nord, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a encore fait appel à l’ARAP.

C’était tout simplement le meilleur expert!

L’autre très bon élément qui est ressorti des années 1930, c’est le projet de la rivière Saskatchewan Sud. Eh oui, il a bien été construit par l’ARAP.

Il a fallu compter 20 ans de débats politiques et de planification, puis 10 ans de construction. Pendant longtemps, le barrage Gardiner a été la plus grande structure terrestre au monde. Le lac qu’il a créé, le lac Diefenbaker, a une longueur de 140 milles (225 km) et une rive de 500 milles (800 km).

Le projet fournit de l’eau douce salubre à plus de 60 % de la population de la Saskatchewan.

Il crée aussi d’énormes possibilités pour les parcs et les loisirs.

Il fournit de l’hydroélectricité propre et verte au réseau de la Saskatchewan.

Il fournit l’infrastructure nécessaire pour prévenir les inondations et les sécheresses.

Et il a introduit l’irrigation dans l’agriculture de la Saskatchewan, ce qui a mené à la diversification rurale et à la croissance à valeur ajoutée.

Le projet a été lancé il y a 51 ans, en 1967, à l’occasion du centenaire du Canada. Passons maintenant à ce jour, un demi-siècle plus tard.

Malheureusement, en pratique, nous n’utilisons qu’une infime partie du potentiel offert par le projet de la rivière Saskatchewan Sud. Nous en avons seulement effleuré la surface.

Malheureusement, la brillante initiative de l’ARAP a été démantelée en 2012 par des décisions gouvernementales myopes.

Ironiquement, à cause des changements climatiques, nous sommes probablement confrontés aujourd’hui à des problèmes de sol et d’eau plus graves que ceux qui ont mené à la création de l’ARAP en 1935.

Pour les Prairies, les principales manifestations du changement climatique sont, notamment, la fréquence et la gravité des tempêtes, et les dommages qu’elles causent en déversant l’équivalent d’une année de précipitations en un jour ou deux, pour alterner ensuite avec des années de grave sécheresse. Les cycles débilitants des inondations et des sécheresses devraient donc s’intensifier.

Nous avons besoin de ressources intellectuelles pour faire la recherche scientifique, recueillir les données, les analyser correctement et informer le public et les décideurs à tous les niveaux. C’est ce que fait constamment votre Commission internationale. Et privés de notre trésor canadien de sagesse et de force accumulé à l’ARAP, nous avons la chance d’avoir des gens et des institutions comme John Pomeroy et le Global Water Institute à l’Université de la Saskatchewan et Dave Sauchyn et le Prairie Adaptation Research Collaborative à l’Université de Regina.

Je tiens également à souligner le travail du Centre de diversification de l’irrigation Canada-Saskatchewan d’Outlook, de la Saskatchewan Irrigation Projects Association, de la Saskatchewan Association of Watersheds, de Canards Illimités, d’innovateurs privés comme Clifton Engineering, de la Chambre de commerce de la Saskatchewan et d’autres personnes et organismes qui ont travaillé avec diligence dans le dossier de l’eau.

Nous avons, hors de tout doute, la base de recherche et de connaissances nécessaire pour être bien informés. Je m’inquiète davantage de notre capacité de mobiliser la volonté politique qu’il nous faudrait pour définir une vision claire et audacieuse de ce que nous devons accomplir à moyen et à long terme.

Certains ne croient toujours pas à la réalité du changement climatique, que le comportement humain y soit pour quelque chose, ou que la partie canadienne du problème soit suffisamment importante pour déclencher des mesures importantes ici même. Et dans l’élaboration de ses budgets, le gouvernement subit toujours d’énormes pressions pour financer des projets procurant une satisfaction politique rapide, au lieu d’objectifs à long terme.

Mais considérez ceci : dans le cadre de l’Accord d’aide financière en cas de catastrophe que le gouvernement du Canada a mis en place avec toutes les provinces et tous les territoires du Canada, nous avons dépensé plus d’argent au cours des cinq ou six dernières années pour nettoyer les dégâts causés par les feux de forêt et les inondations causées par les changements climatiques que nous en avions dépensé dans toute l’histoire de ce programme qui remonte à 1970.

D’après le vérificateur général, les pertes annuelles attribuables aux inondations et aux incendies s’élèveront à un milliard de dollars par année.

Toute tentative de devancer cette courbe constitue donc simplement un choix judicieux. Nous pouvons y arriver, en partie, si nous investissons dès le départ dans l’infrastructure de développement et de gestion de l’eau, à la fois pour prévenir les inondations et les sécheresses et favoriser, dans l’agriculture et au-delà, une croissance économique et sociale fondée sur l’eau. Et il faut relier les grands projets « bâtis » à l’échelle du barrage Gardiner ET les initiatives de gestion des paysages afin de préserver et de restaurer les milieux humides naturels qui retiennent l’eau et réduisent les risques d’inondation.

Je suis heureux de pouvoir dire que, dans le plan d’investissement sur 12 ans du gouvernement du Canada pour les infrastructures de toutes sortes partout au pays, nous avons affecté plus de 25 milliards de dollars à l’infrastructure verte.

De ce nombre, environ 5 milliards sont déjà consacrés aux projets communautaires d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées, ainsi qu’au transport en commun. Un autre montant de 9 milliards de dollars sera transféré aux provinces et aux territoires pour leurs priorités respectives. Le gouvernement fédéral administrera un fonds national expressément consacré à l’atténuation et l’adaptation en matière de catastrophes, au montant de 2 milliards de dollars, qui seront injectés partout au pays, dans les grands projets de transformation choisis en fonction des besoins et du mérite.

En d’autres termes, nous recherchons les meilleures idées d’infrastructure pour que des provinces comme la Saskatchewan et des industries comme l’agriculture soient vraiment plus résilientes et moins vulnérables aux conséquences des changements climatiques, tout en favorisant la croissance économique et sociale.

L’eau est au cœur de cette ambition. Et j’espère que les délibérations auxquelles vous participerez ici nous aideront à définir, en Saskatchewan, une vision de l’eau qui entraînera vraiment les transformations permettant d’améliorer notre façon de vivre. N’en faisons pas une petite histoire.

Merci à tous d’être venus à Saskatoon.